comment modéliser l’évolution d’une tumeur cancéreuse avec des équations différentielles ?

Grand oral de maths pour les élèves souhaitant s'orienter vers le domaine de la santé après leur BAC.

ElBonCours

5/4/20266 min lire

Pour un élève qui souhaite faire médecine, kiné, pharmacie, dentaire, maïeutique, biologie, ou plus largement un domaine de la santé après le bac, le Grand Oral est une occasion énorme : montrer qu’il sait faire le lien entre les mathématiques, la SVT et un vrai problème médical.

Un très bon sujet possible est :

Comment modéliser l’évolution d’une tumeur cancéreuse avec des équations différentielles ?

Ce sujet est particulièrement intéressant car il part d’une question de santé très concrète : comment prévoir l’évolution d’une population de cellules cancéreuses dans le temps ? Mais il permet aussi d’utiliser un outil mathématique puissant du programme de terminale : les équations différentielles.

1. D’abord, qu’est-ce qu’une tumeur d’un point de vue SVT ?

D’un point de vue biologique, une tumeur correspond à un amas de cellules qui se multiplient de manière anormale. L’Institut national du cancer définit une tumeur comme une grosseur plus ou moins volumineuse due à une multiplication excessive de cellules, et le National Cancer Institute rappelle qu’un cancer apparaît lorsque certaines cellules du corps se développent de manière incontrôlée et peuvent se propager à d’autres parties du corps.

On distingue généralement deux grands types de tumeurs.

Une tumeur bénigne n’est pas un cancer. Elle se développe localement, souvent lentement, et ne produit pas de métastases. L’Institut national du cancer précise qu’une tumeur bénigne ne récidive généralement pas si elle est enlevée complètement.

Une tumeur maligne, en revanche, correspond à une tumeur cancéreuse. C’est ce cas qui nous intéresse ici, car les cellules malignes peuvent se multiplier rapidement, envahir les tissus voisins et parfois migrer dans l’organisme.

L’idée du Grand Oral est donc de partir d’une question simple :

Si une tumeur est composée de cellules, peut-on modéliser le nombre de cellules cancéreuses au cours du temps ?

2. Pourquoi a-t-on besoin d’un modèle mathématique ?

En médecine, on ne peut pas seulement dire : “la tumeur grossit”. Il faut essayer de comprendre à quelle vitesse elle grossit, dans quelles conditions elle ralentit, et pourquoi certains modèles fonctionnent mieux que d’autres.

C’est là qu’interviennent les mathématiques.

On note par exemple :

N(t) = nombre de cellules cancéreuses au temps t.

L’objectif est de trouver une équation qui décrit l’évolution de N(t). Pour commencer, on peut utiliser un modèle très simple : le modèle de Malthus.

Dans ce modèle, chaque cellule est vue un peu comme un individu dans une population humaine. Une cellule peut se diviser, donc créer de nouvelles cellules. Certaines peuvent aussi mourir. Comme dans une population, on peut donc raisonner avec un bilan :

variation = naissances − décès

Ici, les “naissances” correspondent aux divisions cellulaires, et les “décès” correspondent aux cellules qui meurent naturellement ou à cause du système immunitaire.

3. Le modèle de Malthus appliqué à une tumeur

On suppose que, pendant un petit intervalle de temps, le nombre de nouvelles cellules produites est proportionnel au nombre de cellules déjà présentes.

Autrement dit, plus il y a de cellules cancéreuses, plus il y a de cellules capables de se diviser.

Sur un intervalle de temps très court, après plusieurs manipulations mathématiques, on peut écrire :

N′(t)=rN(t)

r est le taux de croissance de la population de cellules.

Cette équation signifie que la vitesse d’évolution de la tumeur est proportionnelle à sa taille actuelle. C’est exactement l’idée du modèle de Malthus : plus la population est grande, plus elle augmente vite.

La solution de cette équation différentielle est :

N(t)=N0​* exp (r*t)

N₀ est le nombre initial de cellules.

Ce modèle donne donc une croissance exponentielle.

4. Le problème : ce modèle n’est pas totalement conforme aux observations

Au début, le modèle de Malthus est satisfaisant. Il donne une première approche simple et cohérente : si les cellules cancéreuses se divisent, leur nombre peut augmenter très vite.

Mais ce modèle a une limite importante : il prévoit que la tumeur peut grossir indéfiniment, de plus en plus vite.

Or, en réalité, une tumeur ne se développe pas dans un environnement infini. Elle dépend de l’espace disponible, de l’oxygène, des nutriments, de la vascularisation, du système immunitaire et parfois des traitements. Les modèles mathématiques de croissance tumorale utilisés en recherche incluent justement des modèles plus riches que la croissance exponentielle simple, comme les modèles logistique ou de Gompertz.

C’est ici que le sujet devient très intéressant pour le Grand Oral.

On peut expliquer que le modèle de Malthus est une première tentative. Il est simple, clair, mathématiquement accessible, mais il ne colle pas parfaitement aux observations cliniques.

Et c’est exactement la logique de la démarche scientifique :
on propose un modèle, on le compare à la réalité, puis on l’améliore.

Un bon modèle n’est pas seulement une belle équation. C’est une équation qui doit ressembler le plus possible aux observations réelles. Sinon, le modèle est mathématiquement correct, mais scientifiquement insuffisant.

5. Faut-il jeter le modèle de Malthus ?

Non, justement.

C’est une erreur de croire qu’un modèle imparfait ne sert à rien. En réalité, le modèle de Malthus est très utile car il donne une première structure :

  • on choisit une grandeur à étudier : le nombre de cellules ;

  • on écrit un bilan ;

  • on transforme ce bilan en équation différentielle ;

  • on résout l’équation ;

  • on compare la solution à la réalité.

Même si le modèle est trop simple, il donne une méthode.

Ensuite, au lieu de tout jeter, on peut l’améliorer.

Par exemple, on peut se dire : au début, la croissance est rapide, mais plus la tumeur devient grosse, plus elle rencontre des contraintes. Il faut donc modifier l’équation pour que la croissance ralentisse lorsque la tumeur devient trop grande.

C’est exactement l’idée du modèle de Verhulst.

6. Une amélioration possible : le modèle de Verhulst

Dans le modèle de Verhulst, aussi appelé modèle logistique, on introduit une capacité maximale K. Cette capacité représente une limite imposée par le milieu : manque de place, manque de nutriments, manque d’oxygène, etc.

L’équation admet une solution plus réaliste : il garde l’idée de départ, mais ajoute une contrainte biologique et montre qu'on a une accélération de prolifération au départ puis un ralentissement vers la fin.

C’est une très bonne manière de montrer, au Grand Oral, que les mathématiques ne sont pas seulement des calculs abstraits. Elles permettent de construire progressivement une représentation du vivant.

7. Pourquoi ce sujet est excellent pour un élève qui vise médecine ?

Ce sujet coche toutes les cases d’un très bon Grand Oral.

Il utilise les maths, avec les équations différentielles, la fonction exponentielle, la modélisation et l’interprétation graphique.

Il utilise la SVT, avec la division cellulaire, les cellules tumorales, les tumeurs bénignes et malignes, la prolifération et les limites biologiques.

Il montre aussi une vraie maturité scientifique : l’élève ne se contente pas d’appliquer une formule. Il explique comment on construit un modèle, pourquoi il est imparfait, et comment on peut l’améliorer.

C’est exactement ce qu’on attend d’un élève qui veut s’orienter vers la santé : être capable de raisonner, de modéliser, de nuancer et de relier les sciences à un problème concret.

8. plusieurs autres façons de finir ce sujet pour le Grand Oral:

  • en rajoutant la modélisation de l’efficacité d’un traitement contre une tumeur ?

Conclusion

Le sujet Comment modéliser l’évolution d’une tumeur cancéreuse avec des équations différentielles ? est un excellent choix de Grand Oral pour un élève qui suit les spécialités maths et SVT et qui souhaite s’orienter vers la médecine ou la santé. Il permet de montrer que les mathématiques ne servent pas seulement à résoudre des exercices, mais aussi à comprendre des phénomènes biologiques complexes.C’est un sujet à la fois mathématique, biologique, médical et parfaitement adapté à un élève ambitieux qui veut se démarquer au Grand Oral.